Aqueduc : patrimoine, réglementation, implantation

Plongez dans l’histoire fascinante de l’aqueduc de Montferrier-sur-Lez, entre prouesse technique et héritage du XVIIIe siècle.

De nos jours l’aqueduc mesure 17 km, les ¾ datent du XVIIe.

Il relie le château d’eau du Peyrou à la source de Saint-Clément dans un premier temps, puis sera prolongé jusqu’ à la Source du Lez pour faire face à la population croissante.
Durant 4 siècles, de Philippe V le Long à Louis XIV, l’aqueduc est resté à l’état de projet. Un arrêt du Conseil d’État du Roy du 11 avril 1752 précisa l’accord de Louis XIV ainsi que les modalités de financement. Ce n’est qu’en 1754 que l’ingénieur Henri Pitot a enfin pu démarrer la construction de l’édifice qui allait alimenter la ville de Montpellier en eau.

L’aqueduc a été inspiré du pont du Gard, réalisé 17 siècles auparavant par les romains. Il fallut 12 ans de travaux pour réaliser les 7134 toises (13 904 m) de l’aqueduc avec un dénivelé de 9m et un débit de 25 l/s pour une population de 30 000 hab.
Mise en service le 7 décembre 1765 de l’aqueduc, la population montpelliéraine se masse sur la place royale pour entendre le bruissement de l’eau pure et douce de Saint-Clément. Mais le précieux liquide se fait attendre. L’archevêque de Narbonne, président né des Etats, fait alors preuve d’impatience et adresse à messire Pitot une violente incise : « Monsieur le mécanicien, on m’affirme que les eaux de Saint-Clément ne monteront pas jusqu’ici ». L’Académicien amusé répond alors : « Il est vrai monseigneur, elles ne monteront pas, elles descendront. »

L’édifice a volontairement été surdimensionné afin d’amortir un afflux massif d’eau (crues…), des ouvrages ont été conçus à cet effet, réservoirs, déversoirs et au XIXe les cheminées d’équilibre.